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Supervision collective

Compte-rendu de la journée du 7 juin 2015

 

25 sophrologues (2 hommes et 23 femmes) aux profils divers se rencontrent et entrent en matière en faisant leur état de la présence. Quelques-unes partagent leur expérience au groupe après quoi Charles Rodà présente une première révision technique pour laquelle beaucoup d’entre nous portent un intérêt particulier ou s’en servent dans un cadre professionnel. Même si la technique de contemplation senso-perceptive est obligatoirement connue des sophrologues, il n’empêche que l’occasion est rêvée pour Charles Rodà de se livrer à un vaste terpnos logos explicatif. Comme nous le savons tous, un terpnos logos explicatif, à l’instar de la partie cachée d’un iceberg, peut-être vite minimisé, voire quasiment négligé. Dès lors que l’on souhaite pratiquer efficacement, cette notion de dialogue pré-sophronique et son déploiement en profondeur, devient une nécessité. Alors méthodiquement, nous passons en revue les divers concepts clés du deuxième degré de la relaxation dynamique. Nous sommes ici pour débattre et forcément, foules de questions opportunes son exprimées et trouvent réponses fraîches et véritablement « pré-chauffantes ».

Il est temps de passer à la vivance. Après 20 minutes de sophronisation et d’activation intra sophroniques, quelques descriptions vivantielles partagées, nous profitons d'une pause, globalement plus positifs et disponibles envers les autres.

Le premier thème développé aujourd’hui est celui de la spasmophilie. Un sujet suffisamment intriguant pour être traité à nouveau ce dimanche et pour étudier d’un peu plus près la réflexion du Docteur Klotz au travers de son ouvrage exemplaire « être spasmophilie et bien portant ».

Vient ensuite l'occasion inattendue pour les participants de se livrer à un atelier de groupe sur le thème « organisation d'une journée découverte » en sophrologie. Quatre groupes de travail sont répartis dans la salle pour débattre dans un temps imparti de 30 minutes de la meilleure façon de procéder. À l’issu de cette recherche collective, chaque représentant de groupe expose son projet au chevalet à écrire. Comme nous le fait remarquer d’emblée Charles Rodà, il eu été original de remettre en question la durée proprement dite de la rencontre énoncée. Pourquoi ne pas la réduire plus efficacement à une demie journée !

Nous poursuivons notre étude avec le phénomène des acouphènes, ces bruits parasites que l’on souffre d’entendre dans une oreille, parfois les deux et même paraît-il selon certains sujet au centre du crâne ! Que faire devant tel mystère ? Le recours au SDN (ou Sophro Renforcement du Positif – actualisation sémantique proposé par le professeur Rodà), pratiqué régulièrement promet une vraie réduction de ces indésirables. Et s’il y en restait, il faudrait les « accepter », ou pourquoi pas augmenter ses entraînements… (lorsqu’un cas conduit, comme j’en connais un, au décret d’une invalidité de travail, il me paraîtrait tout à fait légitime pour un sophrologue de suggérer à son élève le devoir de s’adonner à son entraînement  sophrologique tel un moine s’adonne à la prière comme activité principale. Une chose est sûre, on ne réduit pas les mystères de cette pathologie avec un miracle mais bien avec un travail de concentration et de mise en réduction phénoménologique proportionnellement appliqué.

Ensuite, énoncé spontanément, un cas vient mettre en lumière les possibles transpositions d’appréhensions chez le sophrologue sur la personne présentant un handicap physique. Pour régler cette question qui en soulève bien d’autres et laisse au passage quelques belles leçons d’humilité, rien ne vaut un cadrage précis, posé méthodiquement. C’est la seule façon d’assurer à votre alliance sophronique une force véritable. Si l’on ne peut poser ces bases essentielles, il vaut mieux renoncer à vouloir intégrer une personne handicapée au sein d’un groupe de personnes non handicapées selon le principe de réalité objective.

Retenons aussi : un schéma corporel altéré peut coexister avec une image saine du corps. Ainsi, ce corps peut rester naturellement support de narcissisme (amour de soi).

L’oncologie fait évidemment partie incontournable du paysage sophrologique depuis que nombre de cancers, traités avec puissance et fracas, laissent les malades en traitement – pourtant prêts à tous les efforts – avec une véritable épée de Damoclès à l’esprit. Si « Vaincre » le cancer symbolise volontiers le rôle offensif des médecins spécialistes et de leur arsenal chimiques et radioactif vis à vis du phénomène, ce terme pourtant très prometteur ne convient pas pour désigner l’objectif personnel bien plus humble du patient atteint et son propre rôle dans l’épreuve. On peut d’ailleurs regretter au passage le choix de ce terme par le Sophrologue Raymond Abrezol pour présenter au travers d’ouvrages de vulgarisation l’objectif sophrologique. Dans le cas d’un cancer, comme dans bien d’autres, c’est purement prétentieux, voire très risqué. Le malade devra au mieux « gérer » cette épreuve et son processus de rémission, aux aspects multiples réputés très éprouvants. Mais alors « gérer » signifierait-il naïvement « faire avec », « comme je peux » ? Non. Gérer, pour le patient, c’est prendre pleinement sa part de responsabilité et agir au moyen de paramètres, à commencer par celui qui fait varier sa manière d’être présent (c’est souvent la seule urgence et le véritable intérêt pour lui de porter son attention sur la vie – en lui-même). Activer et faire varier son paramètre de présentation, en sophrologie, se révèle un atout fondamental – ajoutons-y pourquoi pas les nombreuses possibilités qu’offrent les techniques d’intégration cellulaires à pratiquer en respiration synchronique.